Mes chers camarades, bonsoir,
C’est avec une certaine appréhension que je m’exprime ce soir devant vous à l’occasion de ce débat entre Nicolas et moi. Appréhension d’abord parce que je ne suis pas exactement un « débatteur » capable de tenir un discours pendant 3 heures sans aucune note, je suis plutôt un homme de dossier qu’un homme de tribune ; mais surtout appréhension de ne pas réussir à vous faire saisir les motivations profondes qui m’ont conduite à me présenter à ce poste de 1er fédéral.
Je voudrais commencer par un sujet que je connais relativement bien…..moi. Je pense qu’il est en effet important pour désigner quelqu’un à ce genre de poste de connaître le mieux possible le postulant.
J’ai 66 ans, je suis marié et j’ai 2 enfants. Ingénieur électro-mécanicien de formation nous sommes arrivés dans l’Yonne, Maryse et moi, en 1985 pour reprendre une partie des activités du groupe GUILLET. Je suis maintenant retraité. La mention de Maryse n’est pas fortuite, nous militons ensemble et mon engagement de disponibilité pour ce poste est un engagement que nous avons pris ensemble, c’est important.
Avant mon arrivée dans l’Yonne j’ai passé la majeure partie de ma vie professionnelle à l’étranger. Cela peut paraître un peu anecdotique mais vivre à l’étranger vous fait développer un sentiment un peu exacerbé du respect d’être français.
Sentiment renforcé de part mes origines : je suis fils d’immigré, ma mère étant d’origine gréco-arménienne, née en Turquie, elle a su m’apprendre ce qu’était la discrimination et le rejet de l’autre dont elle a eu à souffrir avant son départ forcé de Turquie et à son arrivée en France.
Le socialisme, je suis tombé dedans quand j’étais petit. Mon grand père, qui aimait a se raconter, avait passé une grande partie de sa vie professionnelle (il était sculpteur-tailleur de pierre) de chantier en chantier..Il était embauché , puis il « fédérait » les ouvriers qui travaillaient là, formait un syndicat, démarrait une grève et se faisait virer, son grand homme était Jaurès. Mon père était un SFIO bon teint, mais haïssant le Léon Blum du traité de non intervention en Espagne et le Guy Mollet des tomates d’Alger, son grand homme était Mendès. Quand à moi, j’ai du adhérer au PSU en 61 ou 62, mon grand homme était donc Rocard. J’ai viré ma cuti depuis et suis maintenant, vous le savez et je ne m’en cache pas, attiré par la conception politique de notre dernière candidate à la présidence de la république. Dans l’Yonne j’ai d’abord « milité » en tant que sympathisant avant de rejoindre le parti en 2003. J’ai été candidat, à la demande du parti, dans le canton d 'Aillant sur Tholon et sans l’intervention musclée de Raincourt pour que la candidate sortante se retire pour le Maire d’Aillant, j’aurais largement gagné.
Le Socialisme, c’est pour moi, d’abord et avant tout, faire avancer la Société vers une Société plus juste. C’est aussi servir les autres en les respectant, le restant est peut être important mais ce n’est que du remplissage. Ces idées, je sais que je n’ai pas besoin de les développer puisque nous les partageons tous dans cette salle.
Par contre, pour que nous puissions réellement défendre et développer ces idées, il faut que nous puissions travailler tous ensemble et je dois avouer que cette fraternité entre nous, depuis mon arrivée en 2003, je ne l’ai jamais connu.
Résultat : nous étions près de 700 adhérents en 2006, nous n’étions plus que 570 fin 2008, nous ne sommes plus que 450 dont plus d’une centaine sont en retard d’un an voir deux ans de cotisation et risquent fort, si rien n’est fait de « disparaître » à grands coups de crayon comme nous savons si bien le faire au bureau des adhésions. Car c’est là, mes camarades, la réalité de la situation de notre fédération. 450 inscrits, 200 qui se donnent la peine de voter et une petite cinquantaine de militants.
Bien sur, il ne faut pas céder au catastrophisme, cette situation n’est pas irréversible, il faut juste travailler au quotidien : pour redonner confiance et espoir à celles et ceux qui sont encore avec nous, pour aller rechercher celles et ceux qui nous ont quitté. J’en ai croisé beaucoup au cours de mes croisières téléphoniques. Ils étaient malheureux d’avoir abandonné le bateau et qui n’attendait qu’un signe pour pouvoir revenir. Il faut aussi en rendant notre parti plus attractif pour voir des sympathisants nous rejoindre. Une jeune militante me disait l’autre jour « quand est ce que le Parti Socialiste nous fera rêver ».
Venons-en au plat de résistance de ce débat : quelle est ma conception du rôle de 1er secrétaire fédéral.
Nous sommes une toute petite fédération, je l’ai dit il y a quelques instants, à peine 200 votants et une cinquantaine de militants. Nous avons donc besoin d’un 1er fédéral disponible et accessible à tout moment. Nous ne sommes pas la fédération du Nord ou celles des Bouches du Rhône ou, si le 1er fédéral est à l’assemblée au Sénat ou dans sa mairie, il y a un n°2, un n°3, un n°4 voir un n°5 qui sont là. Mireille, il y a quelques mois l’a découvert dans la douleur après son élection. Et je te le dis les yeux dans les yeux Nicolas, avec toute l’estime que je te porte, comme je l’avais dit à Mireille en privé avant le scrutin qui nous avait mis en concurrence. Notre fédération n’a pas les moyens humains de se payer un 1er fédéral, aussi brillant soit-il, à quart temps ou même à mi-temps. Nous ne pouvons pas nous payer un autre Cyril BOULLEAUX ou une autre Mireille LE CORRE, sinon nous ferons notre prochain congrès fédéral dans la cabine téléphonique de la rue Cochois.
Face à la vague de démissions et de radiation que nous constatons depuis 2 ou 3 ans, il est absolument nécessaire de rassembler toutes les sensibilités et les courants qui traversent notre parti. Ce rassemblement, ce n’est pas après demain ou même demain qu’il faut le faire. Ce sera trop tard. Je me fais la voix des dizaines de militants et adhérents contactés, ils ont besoin de ce rassemblement, aujourd’hui. Je me propose donc, si les militants me choisissent, de réunir dès le 16 Octobre les quatre mandataires de motions pour désigner à la proportionnelle des voix obtenues au dernier congrès, c’est notre dernier baromètre, dans le strict respect de la parité, les membres du futur secrétariat fédéral. La seule contrainte et le seul engagement que je demanderais aux membres choisis seront la compétence bien sur, une certaine disponibilité évidemment mais surtout, surtout, le désir profond de travailler ensemble.
Je sais, il y a quelqu’un dans cette salle qui m’a dit, quand je l’ai rencontré que c’était de la politique de BISOUNOURS. Peut être, mais preuve a été donné que la politique du : je suis avec toi et contre lui ne marche pas dans l’Yonne. Et les derniers succès électoraux, à Joigny par exemple, montre que seul le rassemblement complet peut « payer ».
Le 1er fédéral aura, dès le lendemain de son élection, à travailler pour aider à la constitution des listes départementales dans le cadre des élections régionales. Ces discussions devront se dérouler dans la plus parfaite objectivité et une véritable transparence pour éviter de rajouter à nos querelles actuelles des motifs supplémentaires de divisions…. Comme cela avait été le cas en 2003. Pour cela, le 1er fédéral devra être d’une stricte neutralité, tout en étant…..le 1er fédéral, c'est-à-dire celui qui met de l’huile dans la machine et qui, quand tous les blocages sont résolus…appuie sur le bouton marche avant.
Un autre problème, peut être plus politique celui là, va, grâce à la droite, a cause de la droite nous tomber dessus. François PATRIAT l’avait largement évoqué lors de sa venue à Auxerre, il s’agit de la future réforme territoriale et du charcutage électoral qui va conditionner et sans doute modifier notre future stratégie pour les prochaines échéances électorales. Il faut donc que le 1er fédéral et le secrétariat communiquent au maximum pour que les militants, les adhérents et les symphatisants soient près dès que les futurs candidats à ces différentes élections seront en lice pour que tout le monde puisse se préparer. Je l’ai dit quand j’ai rencontré les élus actuels pendant ma campagne, mon but est entre autre de faire de cette fédération une machine de guerre à gagner des batailles électorales. Il ne s’agit pas uniquement de colleurs d’affiches et de distributeurs de tracts mais surtout de la possibilité de propager nos idées sur tout le département. Avec mon équipe, nous avons noté que dans plus du 1/3 des communes de l’Yonne nous avons un ou des représentants, c’est un énorme vecteur de communication. Je suis aussi persuadé que la quasi-totalité des militants ou des adhérents sont présents et souvent actif dans une, deux ou plusieurs associations. Je suis sur que cette présence est donc effective dans plus de la moitié des associations icaunaises. C’est un formidable outil beaucoup plus influent qu’Internet beaucoup moins couteux que les tracts et les affiches….et que les Verts ont utilisé avec succès aux dernières élections Européennes. C’est un outil que nous devons utiliser. Mais pour cela il faut à « temps complet » une équipe et un coordonateur à la fédération.
Les militants ont été consultés il y a quelques jours. Avec une majorité très claire, vous avez affirmé votre volonté de rénovation du parti (primaires ouvertes – non cumul et limitation dans le temps des mandats – parité – modernisation des statuts – règles d’éthique). Ces réformes, je les soutiens depuis longtemps, certaines, comme le non cumul et la limitation dans le temps des mandats, la parité et l’application de règles d’éthique à notre parti sont l’essence même de mon appartenance à ce parti. Je me sens donc parfaitement capable de les défendre bien sur, mais surtout de faire en sorte que ces volontés, vos volontés, soient prises en compte au niveau national.
La fédération aura besoin pour sa communication d’outils performants et modernes. Je ne réactiverais pas immédiatement le serpent de mer du « site internet » qui nous était promis lors des dernières élections fédérales (même par moi) pour demain….c’est à dire avant-hier…et qui n’existe toujours pas. Pour l’instant contentons nous d’un blog vivant, peut être un peu moins interactif qu’un site, mais plus facile avec notre taille de fédération à créer et à faire vivre au jour le jour.
En ce qui concerne la communication je veillerais aussi à ce que les comptes rendus des Conseils fédéraux et des bureaux des adhésions puissent être diffusés et diffusés rapidement. A propos de diffusion,un exemple anecdotique, nous sommes quatre militants chez nous, nous recevons tous les documents en triple exemplaire….alors que nous consultons internet plusieurs fois par jour. Il y a là une économie importante à faire. Cette économie elle pourrait être affectée à la publication et l’envoi d’une lettre régulière aux sympathisants. Mais il s’agit là d’un travail de fourmi que seule une action volontariste peut réaliser.
Je voudrais revenir sur le « serpent de mer » du site internet et plus généralement sur les plateformes électorales telles que celle que Mireille proposait en Novembre dernier ou des 89 propositions pour l’Yonne auxquelles j’ai fortement participé. Ca, mes camarades, c’est de la politique de BISOUNOURS. Parler d’ouverture en fermant la porte à ceux qui évoquent des points de désaccord, dire qu’il faut refuser certaines alliances au centre alors que dans les faits, les succès que nous remportons dans les municipalités et les cantons le sont, non pas grâce à l’alliance avec le centre mais avec cette alliance, dire que l’on veut créer de nouvelles sections alors que nous venons d’en perdre deux faute de militants et qu’une troisième est plus qu’aléatoire, dire qu’a moyen terme nous allons être 1000 militants, ce n’est même plus du BISOUNOURS, c’est du Nicolas et Pimprenelle. Nicolas, je ne compare pas ton programme que j’ai lu à celui de Mireille mais j’y trouve, j’en suis désolé des propositions, parfaitement louables mais inapplicables actuellement faute de moyens humains. Je te fais une proposition, je redresse la fédération, j’en fais une machine de guerre et tu créé ensuite ton « Conseil Economique Social et Environnemental des Socialistes de l’Yonne ».
Toujours en ce qui concerne la communication, parce que je connais parfaitement mes limites et comme je l’ai indiqué dans ma profession de foi, je souhaite maintenir ou plutôt je souhaite réactiver le poste de porte parole. Il sera chargé d’assurer la parfaite lisibilité de notre action vis-à-vis de l’intérieur de la fédération comme de l’extérieur. Je demanderais dès le 16 aux mandataires des quatre motions de désigner ce porte parole. Les contraintes que j’évoquais il y a quelques minutes seront les mêmes, je les rappelle, compétence, une certaine disponibilité et un désir profond de travailler en dehors de toute polémique.
En ce qui concerne la trésorerie, je suggère que le trésorier qui sera désigné le 16 Octobre bénéficie de l’appui régulier de la commission des finances donc de sa convocation régulière ce qui permettra d’éviter les fausses accusations et les rumeurs.
Un dernier point qui est important. Il existe au sein de cette fédération, une entité, la Fédération Départementale des Elus Socialistes et Républicains….qui ne se réunit jamais, sans doute faute de volontés. Il serait pourtant extrêmement important que nos élus se réunissent pour constituer un véritable réseau de compétences et pour pouvoir réagir ensemble en cas d’attaque à notre démocratie ou pour défendre nos idées et nos valeurs, par exemple dans la défense des services publics de notre département.
En plaisantant, en me lançant dans cette campagne, je disais que personnellement je n’avais pas de programme politique mais que j’avais un programme de travail. Au fur et à mesure que cette campagne s’est déroulée, le programme de travail est resté mais il est un peu plus politique en restant avant tout dans la fraternité.
Merci de m’avoir écouté.