Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 00:09

1004108La sécurité sera sans doute au cœur de la présidentielle. Sur cette question, François Rebsamen est porte-étendard du PS. Et, de plus en
plus dans les habits d’un possible ministre de l’Intérieur.

Il est sénateur-maire de Dijon, président du groupe socialiste. Mais,
actuellement, il est surtout le Monsieur sécurité du candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande. Et ses propositions « faites à titre personnel » décoiffent…

Si dans quelques mois vous remportez les élections quelle mesure comptez-vous prendre en matière de sécurité ?

 
« Pas une mesure mais un ensemble de mesures ! C’est une réflexion
globale sur la sécurité que nous souhaitons mener. Du jour au
lendemain, tout n’ira pas mieux. Mais si l’on veut améliorer la
situation, dans le domaine de la sécurité, tout commence par la
prévention. Nous devrons faire un effort particulier en direction de
la prévention. Dès l’école avec une scolarisation obligatoire dès
trois ans, avec un dispositif de mise en place des classes passerelles
à 2 ans dans les quartiers où l’on mène une politique de la ville,
avec un renforcement du rôle des éducateurs, de la PJJ, des
médiateurs… En signant, avec les collectivités locales, une nouvelle
génération de contrats locaux de sécurité et de prévention de la
délinquance. Pas de contrats “coquille vide” comme aujourd’hui. […] Le
directeur de la police nationale viendra rendre compte, une fois par
semestre, devant le conseil municipal ainsi que le procureur qui
viendra rendre compte de l’action de la justice. Le maire sera le chef
de file reconnu de ce contrat et de cette politique. »


C’est une réorientation des questions de sécurité vers les acteurs locaux ?

 
« La fonction régalienne de l’ordre et de la police nationale est de
la responsabilité de l’Etat. L’utilisation des forces de l’ordre est
du ressort de l’Etat. Après la prévention, le deuxième volet, c’est la
dissuasion. La dissuasion, c’est la présence policière, une police de
proximité rétablie, présente sur le terrain, avec des patrouilles, qui
endosse le rôle de la dissuasion et qui, contrairement à ce que
raconte M. Sarkozy, a aussi vocation à interpeller. Cette présence
policière sera renforcée sur la voie publique, pas uniquement par des
augmentations d’effectifs, mais aussi par des affectations
différentes. Nous ferons appel à la vidéo protection : ce n’est pas un
problème pour moi, vous le savez, je l’ai mise en pratique à Dijon. La
vidéo-protection n’a pas vocation à remplacer la présence humaine. Le
parlement devra définir des zones de sécurité prioritaire : 100 zones,
100 quartiers difficiles où sera mis le paquet pour rétablir l’ordre
républicain. Dans ces 100 quartiers, il faudra absolument concentrer
tous les moyens de l’Etat. »


C’est-à-dire ?

 
« Pour rétablir l’ordre républicain, des CRS ou des gendarmes mobiles
seraient installés de manière pérenne pour sécuriser le quartier. Une
mission interministérielle piloterait l’action des douanes, des
finances… Je n’oublie pas, avec ce volet, la prévention. Quand on veut
démanteler des trafics, une action interministérielle forte est
nécessaire pour poursuivre les délinquants. »


Combien de temps resteraient les mobiles et les CRS ?

 
« Le temps nécessaire : ils pourraient rester un, deux, trois quatre,
cinq mois… s’il le faut. Tant que l’on ne peut pas rétablir l’ordre
républicain, tant que l’on ne peut pas rétablir la police de
proximité. Ce sont des opérations qui sont lourdes. Tout cela ne se
fera pas du jour au lendemain. »


C’est un avis partagé au sein du PS ?

 
« Le problème est résolu dans la tête de tous les socialistes et de
tout le monde. On ne va pas se prendre la tête avec cela. Il faut de
la prévention, il faut de la répression et il faut de la sanction. Je
poursuis. La sanction, c’est le problème de la justice. Ce n’est pas
le problème de l’interpellation. C’est le problème du suivi de
l’interpellation, c’est-à-dire de la justice. Il ne faut pas se voiler
la face. Pour que la peine soit efficace, il faut que la justice soit
rapide. Je ne parle pas des grands criminels mais de cette petite
délinquance qui pourrit la vie des gens et des quartiers :
cambriolages, vols à l’arraché, incivilités, insultes… Ce qui se passe
aujourd’hui dans nos villes. Pour ceux-là, il faut garantir que, sous
cinq jours, il y aura une peine. Il faut donc renforcer les moyens de
la justice. […] »


Allez-vous recruter ?

 
« Dans le domaine de la sécurité, il faudra sanctuariser les
effectifs, si l’on peut, on réembauchera. S’il est un secteur où l’on
doit faire un effort, hormis l’éducation, c’est dans le domaine de la
justice. Il manque des secrétaires, des greffiers… Si l’on veut que la
sanction soit exemplaire, proportionnée à l’acte, rapide, il faut
pouvoir transmettre l’information. […]. »


Et la réparation ?

 
« Aujourd’hui, lorsque vous déposez une plainte pour le vol de votre
vélo, il faut déjà qu’on accepte de la prendre. Ensuite ? C’est fini.
Sauf si on arrête un type qui a volé votre vélo et qui a conservé
votre nom dessus. Sinon, plus personne ne s’occupe de vous ou ne vous
donne une information. La police et la justice travaillent bien pour
les grands crimes. En revanche, pour les faits de violence quotidiens,
il faut informer les victimes, même si l’on n’a pas retrouvé les
coupables. »

 


Par Michel Naudin - Publié dans : Présidentielles 2012
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